Togo : Equal Earth rejoint la bataille pour une nouvelle représentation de l’Afrique
La bataille engagée par le Togo autour de la représentation cartographique de l’Afrique franchit une nouvelle étape. Après le vote de l’Assemblée générale des Nations unies, Lomé obtient désormais l’appui direct des trois scientifiques à l’origine d’Equal Earth, la projection retenue par l’Union africaine comme référence dans cette démarche. Tom Patterson, Bernhard Jenny et Bojan Šavrič ont accepté d’apporter leur expertise scientifique et technique à la mise en œuvre de la résolution « Correct the Map ».
L’enjeu prend ainsi une dimension très concrète. Le Togo ne cherche plus seulement à porter une question cartographique dans les enceintes diplomatiques. La prochaine bataille concerne les usages : les écoles, les supports pédagogiques, les publications, les médias et les outils numériques. La coopération annoncée prévoit précisément un accompagnement scientifique des États, la production de cartes libres d’utilisation et la préparation de ressources destinées aux systèmes éducatifs africains.
Le symbole politique est fort. Une projection conçue en 2018 par trois cartographes issus des États-Unis et d’Australie devient aujourd’hui un instrument au service d’une initiative diplomatique africaine portée par Lomé. Equal Earth conserve ainsi son caractère scientifique tout en entrant dans un débat plus large sur la manière dont les sociétés représentent leur propre place dans le monde.
Le vote du 4 septembre avait déjà donné au plaidoyer togolais une portée internationale : 164 États ont soutenu la résolution, contre un vote défavorable et six abstentions. Le texte encourage notamment l’usage de projections à surfaces égales lorsque la comparaison des superficies importe.
Robert Dussey transforme désormais cette victoire diplomatique en chantier opérationnel. La création annoncée d’un groupe consultatif scientifique doit permettre de structurer les échanges avec les concepteurs d’Equal Earth.
Le message politique devient alors plus lisible. Corriger la carte signifie aussi agir sur les supports qui façonnent la culture géographique dès l’enfance. Dans cette perspective, Lomé cherche à inscrire la question de la représentation de l’Afrique dans la durée, avec la science comme levier et l’éducation comme terrain d’application.
La diplomatie togolaise donne ainsi à « Correct the Map » une seconde vie après le vote de l’ONU : celle d’une politique publique africaine de la représentation.



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